Pâques, Invitation à une Vie Nouvelle

4 AVRIL 2021
Résurrection du Seigneur — Année B. 

LECTUREs: Ac 10, 34a.37-43; Ps 117 (118), 1.2, 16-17, 22-23; Col 3, 1-4; Jn 20, 1-9.

Un proverbe Juif dit : « Si vous commencez à penser à la mort, vous n'êtes plus sûr de la vie. » Et un proverbe Ivoirien ajoute : « La vie est votre capacité à expirer à chaque fois que vous inspirez. »
Que célébrons-nous ces jours-ci ? La réponse à cette question se trouve dans l'introduction de la veillée solennelle de Pâques. Le prêtre commence la célébration en disant : « Frères bien-aimés, en cette nuit très sainte où notre Seigneur Jésus-Christ est passé de la mort à la vie, l’Église invite tous ses enfants disséminés de par le monde à se réunir pour veiller et prier. Nous allons donc commémorer ensemble la Pâque du Seigneur en écoutant sa parole, dans l’espérance d’avoir part à son triomphe sur la mort et de vivre avec lui, pour toujours, en Dieu. »
Trois leçons de cette introduction : nous célébrons d'abord notre plus grand rassemblement en tant que communauté de foi. Deuxièmement, nous rappelons la victoire de Jésus sur la mort. Et troisièmement, nous célébrons dans le mystère notre espérance de gloire et de triomphe sur la mort.
Pâques est le plus grand de tous les rassemblements chrétiens et même la raison de toutes les autres assemblées. C'est le mystère central de notre foi. La veillée pascale est la nuit qui donne un sens à toutes les autres nuits de la vie humaine et de la vie de l'Église. Cela nous dit que peu importe à quel point une nuit peut être sombre, il y aura toujours une nouvelle lumière, une nouvelle vie jaillissant de la mort.
Le Seigneur de qui nous avons assisté à la crucifixion et à la mort lors de la célébration sanglante et douloureuse du Vendredi Saint est ressuscité des morts. Une nouvelle vie jaillit de la tombe. Comme une graine semée dans le sol obscur du tombeau, le Christ, aujourd'hui germe, symbole d’un nouveau printemps, et en tant que communauté de ses disciples, nous sommes rendus témoins de cette germination.
Les lectures données à notre méditation d'aujourd'hui portent toutes sur le passage de la mort à la vie, des ténèbres à la lumière, de la vieillesse à la nouveauté. Pâques est tout sur cette nouveauté. C'est aussi un appel à rendre grâce à Dieu, le premier et unique auteur de toute vie et résurrection. Tel est le sens de notre Exultet et de notre Séquence Pascale, "A la Victime pascale, chrétiens, offrez aujourd’hui le sacrifice de louange." Pierre, en première lecture, raconte l'expérience des apôtres, une expérience qui a marqué un nouveau départ dans leur vie et leur a donné l'assurance de proclamer le Christ comme Sauveur et Seigneur. Il insiste sur l'importance de la vie, de la mort et de la résurrection de Jésus. Paul dans la deuxième lecture nous dit la singularité du baptême comme nouvelle naissance. Nous sommes enterrés dans la mort du péché avec Christ et ressuscités pour une vie nouvelle. L'Évangile, avec Marie-Madeleine, nous enseigne que le vide est le signe d'un nouveau départ. Le tombeau vide est la seule preuve de la résurrection qui fait une différence dans nos vies. Et, comme Marie-Madeleine, nous devons aller proclamer ce que nous avons vu et entendu : « Le tombeau est vide ! Le Seigneur n'est pas là ! »
À Pâques, la vie appelle à la vie. Nous sommes restaurés de la mort à la vie. Nous sommes pris de ce qui nous tient pliés à la terre. Cela a une implication sur notre vie. C'est ce à quoi saint Paul nous appelle dans son discours aux Colossiens : « Recherchez les réalités d’en haut, là où est le Christ… » (Col 3, 1).
La vie chrétienne n'est pas une vie centrée sur la terre mais une vie orientée vers le ciel. Par conséquent, nous devrions éliminer le péché qui nous tient inclinés vers notre terre, notre ego, la mondanité, et ainsi, avoir soif de ce qui est céleste, c'est-à-dire de l'amour et de l'altruisme. Comme Marie-Madeleine, nous sommes aussi faits messagers de la Bonne Nouvelle de l'amour de Dieu qui a ressuscité Jésus d'entre les morts.
Nous vivons dans un monde en manque de Bonnes Nouvelles. Avec la pandémie actuelle du Covid 19, tout ce dont nous entendons parler est une succession de négativités ; combien de personnes sont atteintes ; combien de personnes sont mortes ; combien sont victimes des vaccins trouvés à la hâte... Le monde semble plongé dans une profonde obscurité. Puis résonne pour nous cette grande belle nouvelle de nouveauté, un nouveau départ, une nouvelle vie. Il est temps de se débarrasser de toutes sortes de pensées pessimistes et de s'ouvrir à la positivité qui mène à la vie. Jésus est ressuscité, Alléluia ! Les peines d'hier sont terminées. "La mort et la vie s’affrontèrent en un duel prodigieux. Le Maître de la vie mourut ; vivant, il règne." Par conséquent, soyez la Madeleine de ce Nouvel Alléluia.
Malheureusement, nous ne pouvons guère nous permettre aujourd'hui un rassemblement public ou une grande communauté unie au même endroit, par un objectif commun, et célébrant un espoir commun de gloire. La pandémie décide de notre façon de vivre notre vie de foi. Nous sommes encore dans la "Nouvelle Norme" faite d’anormalités : distanciation sociale comme acte d'amour, visage caché ou masqué ; sourires invisibles comme acte d'amour ; se tenir loin des autres comme un signe de préoccupation pour eux... Néanmoins, la joie pascale dépasse le masque ou cache-nez, les églises vides, le confinement ou la quarantaine. Jésus qui a été mis en quarantaine trois jours dans la solitude du tombeau en est sorti. Le tombeau vide nous dit que toutes les peines du moment seront vidées de leur contenu. La vie l'emportera toujours sur la mort. Alléluia ! Puissions-nous ne jamais cesser de respirer la positivité et un nouvel espoir dans un nouveau lendemain.

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